Emmanuel DELESSERT

Faire confiance est une force

Le Background d’Emmanuel DELESSERT

J’ai la chance de mener une vie professionnelle très diversifiée, puisque je suis à la fois professeur, auteur, conférencier directeur de festival, musicien, intervieweur et consultant. Le fil rouge de toutes mes activités, le moteur de tous mes projets et la source de toutes les belles rencontres qui jalonnent mon parcours, c’est de Faire confiance, au sens de s’en remettre à l’autre, aux autres, sans forcément rechercher à se munir de toutes les garanties au préalable. Ce geste simple, discret, quoiqu’irréversible et vertigineux, est souvent confondu avec ce qu’on appelle La confiance, qui recouvre pourtant une toute autre réalité, beaucoup plus protectrice, frileuse et en définitive très autocentrée. Je souhaite partager cette toute petite nuance, qui change de manière définitive le rapport que l’on entretient avec tous les autres.

L’Histoire d’Emmanuel DELESSERT

Je viens d’un monde où les vieux jouent aux cartes autour de la table en mangeant une soupe modeste mais chaude, où les générations se mêlent dans un brouhaha rassurant, où toutes les choses ont place, simplement. Cette origine modeste m’a donné le goût et la curiosité de tout, des plaisirs les plus immédiats comme le ballon qui rentre dans les filets sous les hurlements de la foule, aux plus alambiqués, comme les raisonnements du vieux Kant. On m’a toujours dit de choisir, mais je n’y suis jamais vraiment parvenu et tant mieux, car trop de gestes que j’aime resteraient en sommeil si je n’étais qu’un expert. La vie m’effraie et me fascine par son mystère, et j’y découvre du sens dans le regard des autres, à chaque fois que nos solitudes se croisent pour un éclair de joie.

Résumé du TEDxTalk

« L’enfer, c’est les autres », la formule est bien connue. Elle éveille en nous la mémoire souvent douloureuse des trahisons, déceptions et coups durs que nous avons pu subir, ce qui nous incite volontiers à une certaine méfiance, teintée d’un réalisme désabusé sur la nature humaine. Cette sagesse un peu triste, qui nous recommande insidieusement de ne pas trop nous livrer, de ne pas trop dépendre, de garder le contrôle, d’évaluer les autres en fonction de leur supposée « fiabilité » nous fait cependant manquer l’essentiel : notre relation aux autres dépend pour la majeure partie de l’éclairage que nous choisissons de lui donner. Nous pouvons choisir de faire confiance, de viser l’incertitude, l’imprévisibilité, le mystère…et d’assumer ainsi la liberté des autres comme nous souhaiterions qu’ils visent et assument la nôtre.